MORPHOPSYCHOLOGIE

         

WB01342_.gif
ETUDE DE CAS: Madonna ou le Complexe des Amazones

MadonnaLe complexe des Amazones, des Walkyries des légendes celtiques ne trouverait-il pas son origine dans le complexe de Diane qu'il amplifierait?

Plongeons-nous aux sources de la mythologie.
La Lune, comme tous les principes féminins, offre une image double. A Diane-Arthémis qui défend la pureté et qui représente la femme dans sa virginité, s'oppose Hécate, personnage effrayant animant nos terreurs nocturnes.
La Lune n'a-t-elle pas deux phases: une phase ascendante qui culmine dans la pleine bienfaitrice, où Diane exerce son rayonnement et une phase descendante qui aboutit à la nouvelle lune, où Hécate exerce son pouvoir maléfique? La pleine lune reflète en effet la lumière du soleil, alors que la nouvelle lune est coupée de cette source lumineuse. Dès lors, les pulsions peuvent s'exercer sans le contrôle de la conscience.
Diane est cependant un personnage double et ambigu. Défendant farouchement sa virginité, expression de la maîtrise de ses instincts, elle cherche néanmoins à être l'égale des hommes et symbolise l'aspect castrateur de la mère.
Là se pose une question: refuse-t-elle l'amour par fixation orale régressive ou par le refoulement des représentations phalliques issues de la situation oedipienne.
Diane protège en effet l'enfantement, elle est donc plus mère que femme. Cependant, alors qu'elle persécute l'adultère, elle bénit le mariage. Cette contradiction nous fait comprendre qu'elle ne peut devenir mère puisqu'elle refuse d'être femme.

Le syndrome des Amazones pourrait être défini comme le complexe de Diane exarcerbé, de Diane devenue femme. Il est intéressant de noter que ces farouches guerrières vouaient un culte à Diane-Arthémis.
Ce syndrome semble affecter à nouveau les femmes de notre époque.
Il pourrait être rattaché au phénomène de la parthénogenèse, du grec parthénos qui signifie vierge, phénomène qui traduit la reproduction à partir d'un ovule non fécondé.
Alors que la parthénogenèse naturelle s'observe chez les abeilles qui produisent de faux bourdons, la parthénogenèse artificielle a été provoquée chez les lapins.
"Il faut reconnaître à la féminité la possibilité de parthénogenèse" nous explique le docteur E. Roge.
Cette déviance culminerait dans l'expérience du clonage qui aménerait l'humanité à se reproduire à l'identique.
Ce fait pourrait être mis en parallèle avec le syndrome des Amazones; ces dernières pouvaient en effet donner naissance à des garçons, mais n'élevaient que des filles.

Dans le syndrome des Amazones, Diane bascule de la justice punitive à l'agressivité cruelle, devenant ainsi Hécate.
Nous sommes ici dans la préfiguration mythologique de la guerre des sexes, reflet extérieur de la division intérieur, liée au conflit masculin féminin.
On peut supporser que ce conflit résulte également de forts désaccords parentaux sous-jacents, rendant impossible le rapprochement entre le père et la mère et induisant chez la jeune fille l'impossibilité de former un couple.
Alors que Diane refuse l'homme de la quotidienneté, les Amazones le détruisent comme Hécate.
Cependant la ceinture de leur reine Hippolyte, donnée par Mars et conquise par Hercule, symbolise également le cercle magique formé autour du paradis dont elles n'ouvriront l'accès qu'à l'homme héroïque, exprimant l'aspect positif de ce complexe.

Morphologiquement, la division intérieure issue du conflit masculin féminin, traduit un conflit de base, le conflit de rivalité et s'objective par différents éléments traduisant l'Animus négatif. Ici, l'homme intérieur perturbateur engendre le refus de l'homme extérieur et la volonté de détruire à l'extérieur ce qui ne peut être combattu à l'intérieur. Cet Animus négatif peut être lié à une mauvaise intégration de l'image de la mère à laquelle la jeune fille peut s'identifier, entravant sa fonction maternelle, ou à l'idéalisation de l'image du père, entravant la rencontre avec un homme de la réalité, car l'Animus se forme à partir de trois instances: la relation personnelle entre la fille et son père, la relation entre la fille et l'aspect archétypique, l'image subjective qu'elle a de son père et enfin, la relation entre la fille et l'homme qu'est le père à partir de son sous-bassement archétypique.
On peut observer des récepteurs dilatés et asthéniques, traduisant la femme-enfant, dépendante de la mère, s'opposant à un cadre rétracté et tonique, traduisant la femme indépendante identifiée au père ou au frère.
On peut observer également un étage affectif passif, dépendant, s'opposant à un étage cérébral actif, indépendant. Ce troisième cas traduirait davantage un conflit sur-moïque alors que le second serait plus pulsionnel.
Ces différents éléments sont la manifestation d'une revendication phallique exprimée par la tonicité, sur un fond d'oralité, exprimée par l'atonie.
Cette contradiction pourra être disharmonieuse et destructrice mais elle pourra également être sublimée, favorisant la prise de responsabilité.
Pour favoriser le versant créatif de la conflictualité, il faut que la femme reconnaisse en elle-même sa part masculine. Notre identité tient à l'équilibre entre un double mouvement d'atonie, favorisant la symbiose, l'identification, et de tonicité permettant l'autonomie, l'individualisation.
L'évolution exige donc de concilier en soi ces deux aspects complémentaires de la psyché Diane-Arthémis et Apollon-Hélios, le féminin et le masculin, la fusion et la séparation.

suite

[Sommaire] - [Actualités] - [Eco-Université] - [Stages] - [Jean Spinetta] - [Morphopsychologie] -[Livres] - [Musique] - [Vidéos] - [Contact]

(c) 2000-2006 - www.merkabah.net - Jan Spinetta