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Le
complexe des Amazones, des Walkyries des légendes celtiques
ne trouverait-il pas son origine dans le complexe de Diane qu'il
amplifierait?
Plongeons-nous
aux sources de la mythologie.
La Lune, comme tous les principes féminins, offre une image
double. A Diane-Arthémis qui défend la pureté
et qui représente la femme dans sa virginité, s'oppose
Hécate, personnage effrayant animant nos terreurs
nocturnes.
La Lune n'a-t-elle pas deux phases: une phase ascendante qui culmine
dans la pleine bienfaitrice, où Diane exerce son rayonnement
et une phase descendante qui aboutit à la nouvelle lune,
où Hécate exerce son pouvoir maléfique? La
pleine lune reflète en effet la lumière du soleil,
alors que la nouvelle lune est coupée de cette source lumineuse.
Dès lors, les pulsions peuvent s'exercer sans le contrôle
de la conscience.
Diane est cependant un personnage double et ambigu. Défendant
farouchement sa virginité, expression de la maîtrise
de ses instincts, elle cherche néanmoins à être
l'égale des hommes et symbolise l'aspect castrateur de la
mère.
Là se pose une question: refuse-t-elle l'amour par fixation
orale régressive ou par le refoulement des représentations
phalliques issues de la situation oedipienne.
Diane protège en effet l'enfantement, elle est donc plus
mère que femme. Cependant, alors qu'elle persécute
l'adultère, elle bénit le mariage. Cette contradiction
nous fait comprendre qu'elle ne peut devenir mère puisqu'elle
refuse d'être femme.
Le syndrome
des Amazones pourrait être défini comme le complexe
de Diane exarcerbé, de Diane devenue femme. Il est intéressant
de noter que ces farouches guerrières vouaient un culte à
Diane-Arthémis.
Ce syndrome semble affecter à nouveau les femmes de notre
époque.
Il pourrait être rattaché au phénomène
de la parthénogenèse, du grec parthénos
qui signifie vierge, phénomène qui traduit la reproduction
à partir d'un ovule non fécondé.
Alors que la parthénogenèse naturelle s'observe chez
les abeilles qui produisent de faux bourdons, la parthénogenèse
artificielle a été provoquée chez les lapins.
"Il faut reconnaître à la féminité
la possibilité de parthénogenèse" nous
explique le docteur E. Roge.
Cette déviance culminerait dans l'expérience du clonage
qui aménerait l'humanité à se reproduire à
l'identique.
Ce fait pourrait être mis en parallèle avec le syndrome
des Amazones; ces dernières pouvaient en effet donner naissance
à des garçons, mais n'élevaient que des filles.
Dans le syndrome
des Amazones, Diane bascule de la justice punitive à l'agressivité
cruelle, devenant ainsi Hécate.
Nous sommes ici dans la préfiguration mythologique
de la guerre des sexes, reflet extérieur de la division intérieur,
liée au conflit masculin féminin.
On peut supporser que ce conflit résulte également
de forts désaccords parentaux sous-jacents, rendant impossible
le rapprochement entre le père et la mère et induisant
chez la jeune fille l'impossibilité de former un couple.
Alors que Diane refuse l'homme de la quotidienneté, les Amazones
le détruisent comme Hécate.
Cependant la ceinture de leur reine Hippolyte, donnée
par Mars et conquise par Hercule, symbolise également
le cercle magique formé autour du paradis dont elles n'ouvriront
l'accès qu'à l'homme héroïque, exprimant
l'aspect positif de ce complexe.
Morphologiquement,
la division intérieure issue du conflit masculin féminin,
traduit un conflit de base, le conflit de rivalité et s'objective
par différents éléments traduisant l'Animus
négatif. Ici, l'homme intérieur perturbateur engendre
le refus de l'homme extérieur et la volonté de détruire
à l'extérieur ce qui ne peut être combattu à
l'intérieur. Cet Animus négatif peut être
lié à une mauvaise intégration de l'image
de la mère à laquelle la jeune fille peut s'identifier,
entravant sa fonction maternelle, ou à l'idéalisation
de l'image du père, entravant la rencontre avec un homme
de la réalité, car l'Animus se forme à partir
de trois instances: la relation personnelle entre la fille et son
père, la relation entre la fille et l'aspect archétypique,
l'image subjective qu'elle a de son père et enfin, la relation
entre la fille et l'homme qu'est le père à partir
de son sous-bassement archétypique.
On peut observer des récepteurs dilatés et asthéniques,
traduisant la femme-enfant, dépendante de la mère,
s'opposant à un cadre rétracté et tonique,
traduisant la femme indépendante identifiée au père
ou au frère.
On peut observer également un étage affectif passif,
dépendant, s'opposant à un étage cérébral
actif, indépendant. Ce troisième cas traduirait davantage
un conflit sur-moïque alors que le second serait plus pulsionnel.
Ces différents éléments sont la manifestation
d'une revendication phallique exprimée par la tonicité,
sur un fond d'oralité, exprimée par l'atonie.
Cette contradiction pourra être disharmonieuse et destructrice
mais elle pourra également être sublimée, favorisant
la prise de responsabilité.
Pour favoriser le versant créatif de la conflictualité,
il faut que la femme reconnaisse en elle-même sa part masculine.
Notre identité tient à l'équilibre entre un
double mouvement d'atonie, favorisant la symbiose, l'identification,
et de tonicité permettant l'autonomie, l'individualisation.
L'évolution exige donc de concilier en soi ces deux aspects
complémentaires de la psyché Diane-Arthémis
et Apollon-Hélios, le féminin et le masculin, la fusion
et la séparation. |