MORPHOPSYCHOLOGIE

         

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ETUDE DE CAS: Michaël Jackson ou le Complexe de Peter Pan

Michael Jackson - (c) SBSFMCe complexe ne tire pas son nom de la mythologie, mais du film de Walt Disney inspiré par le conte de Sir James M. Barrie, publié en 1904.
Nous nous appuierons sur le film de Walt Disney pour comprendre le complexe de l'enfant Peter Pan et nous utiliserons le film de Spielberg: Captain Hook qui prolonge le mythe de l'âge adulte.

Dans le film de Walt Disney, Peter Pan est un jeu garçon qui refuse de grandir car il préfère rester dans le monde merveilleux de l'imaginaire. Quelle joie de voir le monde obéir à ses fantasmes, mais dans ce monde onirique, quelle terreur car l'ennemi est toujours présent, sous la forme du Capitaine Crochet qui représente l'adulte coupé de son coeur d'enfant et donc, incapable de suppporter l'intrusion de ce dernier dans sa vie. En cela, le film est bien révélateur de la profonde dualité engendrée par ce complexe: l'enfant et l'adulte sont séparés par un fossé infranchissable. Alors que Peter Pan représente l'emprisonnement dans l'éternel présent, Capitaine Crochet lui, est tellement coupé de ce présent qu'il est devenu l'esclave de son angoisse du temps qui passe, traduite par sa haine des horloges qu'il renvoie au cimetière des réveils. Capitaine Crochet est donc une figure saturnienne, représentant le complexe du temps entravant l'accès à la joie du présent.
Le mental nous permet, en effet, de comprendre les expériences du passé et de prévoir le futur, mais il peut également nous culpabiliser face au passé et nous inquiéter devant le futur. Saturne est l'adulte prisonnier de son mental, coupé de l'enfant en lui; il devient incapable de vivre le présent dans la joie.
Saturne-Cronos est en effet souvent confondu avec Chronos, le temps, dont il est devenu la personnification. Il joue en fait le même rôle, il dévore autant qu'il engendre, il tarit les sources de vie en mutilant son père Ouranos et se fait source de vie en fécondant son épouse Rhéa. A l'inverse, Peter Pan, complètement immergé dans le présent, ne peut rien construire dans le temps. Sa vie est un jeu permanent qui l'amène à répéter, de façon stéréotypée, toujours les mêmes gestes, signant davantage des satisfactions imaginaires que des satisfactions réelles.
En référence à la mythologie, Peter Pan serait l'enfant de Mercure, le dieu aux sandales ailées, dieu de la communication gouvernant probablement nos réseaux numérisés, fondés sur des contacts multiples et des déplacements incessants, et de la Lune, déesse de la maternité dont le culte est dérivé de celui de la Grande Mère et qui témoigne de la part d'âme animale où domine la vie archaïque, végétative et autistique de la psyché.
Les types mythologiques représentent des types jalons dans l'univers de notre inconscient, de notre sensibilité profonde, fondée sur l'identification. Ils nous parlent de nos conflits.
Le syndrome de Peter Pan semble frapper la jeunesse de notre époque dont le refus de grandir prend souvent sa source dans la peur du futur. La cause principale nous paraît résider dans l'abandon ressenti par l'enfant envoyé à la crèche, lorsque, dans les premières années de sa vie, il est séparé d'un foyer animé par la chaleur de la mère ou grand-mère d'antan.
L'enfant alors n'a plus pour modèle d'identification un adulte repère, mais d'autres enfants avec lesquels il partage un univers imaginaire, coupé du monde des adultes.
Ajoutons cette révolution constituée par l'envahissement des écrans et du multi médias qui fait vivre l'enfant, puis l'adolescent, dans un monde virtuel. "La porte du paradis", sur Internet, offre une carte d'embarcation pour le grand voyage vers d'autres planètes, laissant sous-entendre que le nôtre est sur le point de s'anéantir. Ce type de jeu multiplie ainsi le risque d'épidémie de conduite à risque, à l'aube de l'an 2000. L'adolescent est alors rendu passif à un âge où il a un besoin actif de confrontation au réel.
Refus du monde des adultes, passivité et fuite dans l'imaginaire nous semblent donc être les trois facteurs révélateurs du syndrome de Peter Pan.
Si nous envisageons la question sous l'angle des complexes parentaux, Peter Pan souffre d'un complexe mère qui serait irrégulièrement trop ou pas assez présente et donc génératrice de déséquilibre. La mère manifesterait une présence manquant de continuité, elle ne répondrait pas aux aspirations de l'enfant, entraînant ainsi l'hypertrophie de son imaginaire.
Il souffre également d'une impossibilité d'identification du père, vécue comme menaçant son confort narcissique et traduite par la présence menaçante du Capitaine Crochet.



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