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Morphologiquement,
le refus du monde des adultes, générateur d'immaturité,
se traduit par tous les signes de fixation orale: front et
tempes arrondis, nez à l'arête concave, bouche charnue
et non tenue, menton en retrait.
La fuite dans l'imaginaire et la mobilité, liée à
l'hyper activité émotive s'objectivent par
la structure réagissante.
La passivité se lit dans les signes d'atonie du modelé
et des récepteurs sensoriels.
Il est étonnant de voir que les adolescents, nés de
parents ayant participé à la révolution de
mai 1968 ont de plus en plus tendance à présenter
ces structures morphologiques. Plus normales chez la fille;
rappelons que le docteur Corman soulignait l'identité entre
la femme et l'enfant, en expliquant par le fait qu'un être
ne peut naître que de son semblable; elles révèlent
chez le garçon un complexe probable de Peter Pan.
La question qui se pose alors est de savoir comment en tirer parti,
comment le rendre positif en le sublimant sur un plan de transformation
de l'énergie.
Avant tout, nous semble-t-il, en rendant l'imaginaire créatif
par une activité artistique qui canalisera toutes
les forces, dans le domaine de la réalisation esthétique.
Sans cette transformation, l'imaginaire bute sur la réalité
et la fuite dans les paradis artificiels s'impose.
Combien de jeunes vivent la musique comme une drogue, de façon
passive? Encourageons-les à avoir une attitude active face
à l'art, afin de vivre ce complexe de façon positive.
Dans Captain Hook, Spielberg nous invite à
découvrir l'évolution de Peter Pan. Adulte, ce dernier
a oublié son enfance et, en hommes d'affaires actif, il ne
voit pas ses enfants grandir. Le résultat est que ceux-ci
sont enlevés par le Capitaine Crochet qui symbolise le père
castrateur. Peter Pan se met alors à leur recherche sans
savoir qu'il s'agit de sa propre enfance qu'il devra retrouver.
Revenu dans le monde des fées, il est accueilli par tous
es compagnons de jeu d'autrefois.
Quelle déception pour ces derniers: il ne sait même
plus voler! C'est au prix seulement d'une récupération
de ses facultés perdues qu'il pourra délivrer les
enfants du crochet de l'abominable voleur de jeunes âmes.
Peter Pan doit redevenir enfant, c'est-à-dire être
capable de vivre dans le présent. Ainsi son imaginaire redeviendra
créateur. Tâche ardue lorsque l'on sait que l'adulte,
dans nos sociétés modernes, s'est totalement coupé
de la joie de vivre dans le présent, préférant
perdre son temps à se culpabiliser devant les erreurs du
passé et à s'angoisser devant les craintes du futur.
Le travail de l'être humain est donc de concilier en
lui ces deux aspects complémentaires de la psyché,
Peter Pan et Captain Hook, l'enfant et l'adulte, l'être
imaginatif et l'être réalisateur, de redonner vie à
l'adulte en faisant remonter l'enfant en lui. Le complexe de Peter
Pan s'avère être un atout chez l'individu, à
condition que, de passif-acceptant, il accède à
la dynamique de l'actif-modifiant.
Sur les photos de jeunesse, nous observons un visage au cadre
léger, signant un potentiel de forces moyen, un besoin
de s'économiser, une aspiration vers la spiritualisation,
s'opposant à un cadre charnu, exprimant un mode d'adaptation
réceptif, dépendant du monde environnant et aux récepteurs
sensoriels grands, à tendance réagissante par rapport
au cadre, témoignant d'échanges inconscients abondants,
suscitant une vive mobilité.
Un regard plus approfondi nous révèle une double
dominante affective et instinctive, exprimant une fonction sentiment
extraverti, alliée à la sensation extravertie. En
revanche, l'étage supérieur est plus rétracté
sous la forme d'un front redressé et resserré, signant
une pensée introvertie et une tendance aux scrupules, susceptible
de conduire à une formation réactionnelle du Moi.
Cette formation substitue dans le conscient les tendances exactement
inverses aux impulsions inconscientes. La personnalité se
situe alors sur deux plans: un plan inconscient où les pulsions
jaillissent spontanément et un plan conscient où la
maîtrise de soi freine les pulsions premières, entraînant
diverses inhibitions.La formation réactionnelle en fait donc
un sensoriel qui ne vit pas ses sens et un sentiment qui ne vit
pas ses sentiments. Ajoutons que le nez, dilaté en excès,
engendre de telles manifestations affectives que le sujet peut être
bloqué par l'exigence de ses élans. N'oublions pas
la règle d'harmonie qui énonce que, dans un visage,
tout ce qui est excessif, peut devenir source de blocage.
Un dernier point nous interpelle: une dissymétrie par forte
dilatation gauche est l'expression d'une fixation préoedipienne
et de risques de régresssion.
Ce visage révèle donc un comportement fusionnel vis-à-vis
du monde extérieur, où l'être se construit à
travers le regard de l'autre, caractérisant le type de fixation
au stade oral qui développe l'estime de lui-même à
travers l'accord avec le milieu et qui peut être la proie
d'un sentiment d'abandon. Il manifeste également un tempérament
nerveux, mentalisant toutes ses expériences, créant
dans la personnalité un conflit par l'opposition entre la
cérébralisation et la sensorialité.
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